
Depuis le 01 septembre 2011, La femme de l'Ogre est à portée de lecture
grâce au très beau roman graphique "inclassable et boulversant" illustré par Etienne Appert
à partir du scénario du spectacle du même nom écrit par Bernadette.A
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L'histoire muetteQui ne connait pas le conte du petit Poucet ? 7 frères abandonnés dans les bois qui trouvent refuge chez un ogre un peu trop affamé. Dupé par une ruse de Poucet, l’ogre égorge ses 7 filles… Fin.Depuis des siècles, les conteurs présentent cette histoire comme l’aventure glorieuse d’un enfant malin, mais personne ne s’intéresse à la douleur de la femme de l’ogre : elle qui, au petit matin, retrouve ses filles assassinées… Son parcours reste énigmatique : comment en est-elle arrivé à épouser un ogre, elle que le conte décrit comme douce et attentionnée, tout le contraire d’une ogresse… Et surtout, que devient-elle après le drame ? Est-ce pour elle aussi la fin de l’histoire… ou son début ? Cela fait maintenant trois ans que Bernadette Appert met en scène ce personnage tragique abandonné par le conte officiel à sa détresse. Ce spectacle est tout en émotion, il sort des tripes, exprime par le jeu et l'accompagnement de quatre musiciens rock, l'horreur impensable, inconcevable de ce désastre qui touche cette mère : perdre ses 7 enfants, de la main même de leur propre père. Alors, comment passe-t-on du spectacle de scène à la BD ? Tout naturellement, avec la complicité d'Etienne Appert, dessinateur, auteur de BD, illustrateur et surtout Dessina(con)teur tel qu'il se définit lui-même sur son blog. Etienne a transcrit les mots et les émotions du spectacle dans ses dessins, utilisant son trait comme unique vecteur de sens. Pas de mots, aucune bulle, une histoire sans paroles où le dessin exprime tout ce qui doit être. A la question "Pourquoi avoir choisi cette absence totale de mots ou dialogues pour la narration de cet album ?", Etienne Appert répond : Il s'agit effectivement d'un parti pris très radical. C'est le sujet qui l'a imposé : l'irruption du tragique dans une vie. La douleur que ressent cette femme est si profonde que je ne pouvais pas en rendre compte par des mots. Je voulais que le lecteur fasse l'expérience d'un cri silencieux. Comme le silence sidérant après l'explosion d'une bombe atomique. Ou comme un hurlement inaudible, qui vient de trop loin. (...) Je voulais montrer ce dont on ne peut pas parler. Inviter le lecteur à se laisser toucher directement par l'image, sans la protection d'un texte pour mettre à distance. Dans son spectacle de théâtre sur la même histoire, Bernadette parle, avec des mots, mais dans une écriture très poétique, déstructurée, non linéaire, et avec 4 musiciens Rock sur scène. En BD je ne pouvais pas faire appel à la musique. Alors, le silence. | | |||
Editions La Boite à Bulles
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